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Biographie : Emmanuelle Laborit

Photographie:Jean-Louis Fernandez

Audio-description ci-dessous:

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Traduction LSF ci-dessous:

https://pe.ertu.be/videos/embed/bfc8f69a-bd2c-42f4-a165-76b66f84d6f9

Emmanuelle Laborit est née le 18 octobre 1971 à Paris. C’est une actrice, metteur en scène, écrivaine et directrice de l’International Visual Théâtre.

Elle apprend la langue des signes lorsqu’elle a 7 ans et la pratique avec sa petite sœur. Emmanuelle a découvert un moyen d’expression grâce à cette langue, cette nouvelle capacité révolutionne sa façon de voir les choses durant son adolescence, elle se cherche, et devient une rebelle révoltée.

Malgré son peu de vécu et d’expériences à l’époque, tout autour d’elle la motive et la pousse à devenir comédienne.

Avant ses 7 ans et l’acquisition de la langue des signes, Emmanuelle ne vivait que le moment présent, c’était le seul qu’elle comprenait, elle n’avait pas encore la notion de passé et de futur, la langue des signes lui a  permis de pouvoir s’exprimer normalement et de comprendre tout ce qui l’entourait.

En 1993, elle reçoit le Molière de la révélation théâtrale pour un rôle dans « Les Enfants du silence ». Elle est membre de l’International Visual Théâtre depuis 1979. Aujourd’hui elle est considérée comme la plus grande protectrice de la langue des signes en France.

« le monde des sourds ≠ le monde du silence »

Elle portait des appareils auditifs quand elle était jeune, elle savait qu’elle n’était pas comme toutes les autres personnes qui l’entouraient, qui pouvaient communiquer en articulant avec les lèvres. Pendant longtemps, elle ne comprenait pas ce qu’il se passait. En grandissant Emmanuelle a compris sa différence « j’étais comme les autres et en même temps j’étais différente ». La rencontre qu’elle a eu avec des adultes sourds a été fondateur pour elle, ces rencontres lui ont montré la voie à suivre. L’apprentissage de la langue des signes lui a permis d’avoir accès à au monde qui l’entoure et de pouvoir communiquer.

Emmanuelle est née dans une famille d’entendants, lorsqu’elle était petite et qu’elle ignorait la langue des signes, pour communiquer elle criait, en effet, elle n’avait jamais eu de retour son lorsque ses parents lui parlaient. Elle était donc surnommée « la mouette ».

Cette appellation fut conservée par Emmanuelle lorsqu’elle publie en 1994 Le Cri de la mouette. Cette œuvre est une autobiographie, et elle retrace toutes les épreuves auxquelles Emmanuelle a dû faire face pour arriver là. Le Cri de la mouette a été récompensé la même année que sa parution par le Prix Vérité de Cannet.

Emmanuelle va succéder à Alfredo Corrado, et en 2003 elle devient directrice de l’IVT (International Visual théâtre). Le 27 Novembre 2012 elle est décorée du grade d’officier des forces des ordres de l’Art et des Lettres par la ministre de la culture Aurélie Filipitti.

En règle générale, Emmanuelle déplore le manque d’information sur la culture sourde, et le fait que les sourds ou malentendants ne sont pas intégrés dans la société comme il le faudrait. 

Sources :http:// https://www.franceculture.fr/emissions/a-voix-nue/emmanuelle-laborit-au-dela-du-silence-15-le-cri-de-la-mouette-un-cri-denfant https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuelle_Laborit#Œuvres

Rétrospective d’Alix

Durant cet enseignement, j’ai pu découvrir qui était Emmanuelle Laborit, j’ai apprécié faire des recherches à propos d’elle. Je n’ai pas aimé le projet en lui même, qui a demandé plus de travail que ce qui était prévu. Le groupe a bien fonctionné dans l’ensemble, nous nous sommes réparties des taches, et nous avons croisé nos recherches pour aboutir sur des audio-descriptions et des traductions en langue des signes.

Alix Andrieu

Rétrospective d’Elisa

Je ne connaissais pas les camarades avec qui j’ai travaillé avant de les rejoindre sur ce projet, et celui-ci m’a d’abord permis de découvrir des personnes très intéressantes.

Je ne connaissais pas non plus Emmanuelle Laborit et son parcours passionnant, qui m’a fait découvrir l’IVT, fabuleux espace d’échanges. Le sujet de ce travail m’a donc beaucoup intéressée.

En revanche, l’aspect informatique fut pour moi beaucoup plus laborieux et source de soucis. Le manque de temps et les outils proposés furent aussi difficiles à gérer, mais l’entraide présente dans le groupe de travail a permis de, je l’espère, surmonter ces difficultés.

Rétrospective de Louise

Points forts

  • bonne communication les enseignants.
  • fraîcheur dans le projet (je n’avais jamais réalisé « en cours » de site internet).
  • des sources claires sur E-campus.
  • la notation entre pairs. Permet de développer un esprit critique cependant il est toujours difficile de noter des « amis » en toute subjectivité.

Points faibles

  • Alix a posé une question sur le forum, aucune réponse n’a été donnée…
  • Grand investissement, il faut du temps.
  • Groupe imposé de x personnes. Il faut mieux laisser le choix. Un groupe de 2 peut être parfois plus dynamique qu’un groupe de 4 personnes.
  • Site imposé, pourquoi ne pas utiliser les instances libres telles que Framablog dans le but de sensibiliser cette partie trop peu connue de l’informatique, le domaine libre.

A refaire

  • Varier les enseignements méthodologiques (pas toujours travailler sur libre office)
  • Thème libre de l’auteur.

A améliorer

Il faudrait commencer le projet plus tôt. Le projet est certes écrit dans le guide des études mais il faudrait stipuler les sujets pour que les étudiants puissent se projeter avant qu’on leur demande de choisir rapidement le thème ou groupe.

L’Art Pi sourd

Traduction LSF ci-dessous:

https://pe.ertu.be/videos/embed/e8eebb50-cab3-46b2-aff4-8ac6a70eaf03

Audio-description ci-dessous:

https://pe.ertu.be/videos/embed/9e0b3d6f-c6b9-42e7-8d4b-a3f2a64aee60

Débutons cet article par une définition. « Pi », est un mot spécifique la langue des signes française dite aussi LSF. Les signants utilisent ce terme pour qualifier quelque chose de typique, propre à quelque chose.

Le chansigne est un art pi Sourd propre à cette communauté

Le mot chansigne est un mot valise né du terme chant et langue des signes. Cette discipline permet de traduire les paroles des chansons en langue des signes. Deux modes de chansigne sont possibles: La reprise des chansons déjà existantes avec un travail de traduction et d’adaptation comme la troupe des Mains balladeuses.

L’invention spécifique de chansigne est également possible. Nous prendrons comme exemple le spectacle d’Emmanuelle Laborit « dévaste-moi ». Il s’agit d’une création avec cinq musiciens. Le spectacle de l’actrice est d’ailleurs éligible aux Molière dans la catégorie « spectacle musical ». Cette nomination peut prouver l’évolution des mœurs et de la pensée face à la langue des signes (qui a été interdite durant un siècle en France privant les sourds de leur moyen principal de communication.)

La langue des signes est une langue officielle depuis 2005. La culture doit donc s’adapter. Le manque d’accessibilité en France est conséquent comparé à l’Amérique où la plus part des concerts sont chansignés.

L’IVT

L’International Visual Theatre est un espace de recherches artistiques, linguistiques et pédagogiques sur la langue des signes et les arts corporels. On y trouve un théâtre, un centre de formation et une maison d’édition.

C’est en 1976 que l’artiste américain Alfredo Corrado rencontre Jean Grémion, un metteur en scène français qui s’intéresse au théâtre non-verbal. Ils fondent ensemble l’IVT au Château de Vincennes. Depuis 2004, l’IVT est installé 7 Cité Chaptal à Paris, dans les lieux de l’ancien Grand-Guignol.

En 2002, Emmanuelle Laborit en devient la directrice, rejointe en 2014 par Jennifer Lesage-David.

L’IVT accueille des spectacles, des résidences de créations mais aussi des soirées de conférences ou de rencontres. Ces projets sont des présentations bilingues LSF-Français ou des spectacles « visuels », sans paroles, permettant des propositions accessibles aux sourds et aux entendants.

L’IVT est aussi un centre de formation, accueillant près de 1000 stagiaires chaque année. Les stages s’adressent aussi bien aux débutants souhaitant apprendre la LSF qu’aux personnes signantes qui souhaitent approfondir leur langue dans un domaine particulier. En lien avec cette activité pédagogique, l’IVT édite et diffuse de nombreux ouvrages, dont des dictionnaires bilingues ou des livres et films présentant la LSF et son histoire.

L’IVT propose également de nombreuses actions avec le public. Ils organisent ainsi par exemple des ateliers des rencontres à l’issue des spectacles. Des interventions scolaires sont également proposées, permettant par exemple la présentation de spectacles dans les écoles ou encore la réalisation de projets artistiques et pédagogiques dans les collèges.

L’IVT, à travers ses nombreuses activités, contribue à la diffusion de la Langue des Signes Française. Il permet l’accès au théâtre aux sourds, pour qui cet accès est habituellement restreint, et fait découvrir aux entendants un théâtre dit « visuel » qu’ils ne connaissent que peu. C’est cet échange qui en fait un lieu unique de partage entre sourds et entendants.

Sources: http://ivt.fr/ivt?fbclid=IwAR36Xok6UsVU35–dI8fNOTON7lsemcP8b_HTFq_2p1ze_q0VJ5Bt8qa7jM https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Emmanuelle_Laborit?fbclid=IwAR3NP4N58D9iE_Jefm0BOAXAXmjDhQifBFJsEO2gVjhiCKL-95svGlUbHzg https://www.youtube.com/watch?v=W6QnFaNN6MI&fbclid=IwAR2slMq9btZzOIBGsDzU3UiWwSIGrToamu8U8vzWyPY4oHYc8evOH9uwDlw&app=desktop

Rétrospective d’Andréa

Pour moi, le projet était enrichissant au niveau du sujet car la culture sourde m’intéresse et avoir lu Le Cri de la mouette d’Emmanuelle Laborit, une personnalité phare de la culture sourde, était à la fois révoltant et émouvant par rapport à la situation des sourds en France.

Néanmoins, je ne suis pas totalement satisfaite de cette matière. Certes, nous avons pu découvrir comment créer de A à Z un site web, et cela peut nous être profitable. Mais je pense que c’est quelque chose qu’on aurait pu faire seuls, sans avoir besoin forcément d’un enseignement chronophage alors que notre licence demande déjà beaucoup de travail.

De plus, nous avons commencé cet enseignement tard, comme la méthodologie au semestre 3 de la licence. Il faudrait impérativement arrêter ces débuts tardifs en méthodologie informatique, car nous nous retrouvons avec des délais courts pour un travail de groupe qui doit être riche. Avoir commencé dès le début du semestre nous aurait peut être permis de rendre quelque chose de plus qualitatif car il aura eu le temps d’être davantage réfléchi et travaillé. Cela nous apporterait également plus de marge de travail en termes de temps, et éviter d’être toujours sur le qui-vive.

Justification des choix d’organisation et choix techniques

A l’origine, nous avions un groupe formé de trois personnes (Alix, Louise, Andréa) ayant l’habitude de travailler ensemble puis nous avons intégré une quatrième personne, Elisa, que nous ne connaissions pas mais qui s’est bien adaptée. Nous nous sommes contactées et formées grâce à notre recherche d’une dernière personne dans notre groupe avec un post dans le groupe « L2 Lettres Modernes Caen » sur Facebook. Naturellement la discussion autour du projet s’est faite en message privé sur ce média social.

Pour l’espace collaboratif, nous nous sommes tournées vers l’alternative frama. Cependant son utilisation a été complexe nous avons alors préféré Trello. Il a tout de même été abandonné très vite puisqu’on arrivait déjà très bien à s’organiser en messages privés sur le média social Facebook qui était plus simple pour nous, par habitude.

Dans les techniques utilisées, nous avons opté pour faire quatre parties pour le site. Nous pouvions comme cela traiter un sujet chacune. Une cinquième partie a été créée pour réunir tous les articles concernant spécifiquement le projet.

Les vidéos mise en ligne sont hébergées sur l’instance framatube avec une confidentialité maximale. Nous avons choisi de traduire les articles puisqu’un grand nombre de Sourds adultes sont plus aptes à visionner une vidéo dans leur langue naturelle. De plus, l’audio-description est de plus en plus courante pour les aveugles alors nous l’avons également intégrée. De ce fait, l’accessibilité au site est généralisée en prenant en compte ces handicaps. Andréa et Louise s’occupent de la partie traduction en langue des signes, donc des vidéos. Alix et Elisa découvrent quant à elles l’audio-description.

Le Cri de la mouette

L’autobiographie d’une culture sourde en détresse

Si la langue des signes ne peut pas s’écrire, Emmanuelle Laborit nous prouvera le contraire avec son son autobiographie Le Cri de la mouette. Ce livre paru en 1994 sous l’édition Robert Laffont est alors le premier livre écrit par un sourd. Il fallait alors concilier la culture sourde et la langue littéraire, donc « chaque mot écrit et chaque mot en signe se sont retrouvés frères. » (chap 1). Elle raconte dans son œuvre toutes les difficultés et les joies de sa vie en tant que sourde pour montrer à quel point la surdité est marginalisée, stigmatisée en France.

Un titre spécial…

Appeler son autobiographie Le Cri de la mouette n’est pas anodin. Dans le chapitre 2, elle nous explique que « la mouette » est son surnom car, pour se faire entendre et essayer de s’entendre elle-même, elle criait comme une mouette. Emmanuelle met également ce terme en relation avec celui de « muette » car il y a une appellation fautive des sourds : les « sourds-muets ». Un sourd n’est pas muet, il peut crier, et devenir une mouette.

« Entre zéro et sept ans, ma vie est pleine de trous. »

C’est à sept ans qu’Emmanuelle découvre la langue des signes grâce à son père. Ayant découvert à la radio l’existence de l’IVT et de la langue des signes, il n’a pu s’empêcher d’y emmener sa fille. Avant cet âge, Emmanuelle n’avait que des souvenirs visuels et aucune notion du temps. Elle croyait aussi qu’après l’enfance, les sourds mourraient car elle n’avait jamais vu avant Alfredo Corrado un sourd adulte. La langue des signes lui a alors révélé bien des concepts car c’est sa langue première.

Musique

Emmanuelle a toujours adoré la musique. Elle est même très heureuse que son père l’ait emmenée à des concerts, ou que son oncle lui ait fait mordre sa guitare pour percevoir mieux sa musique. Les sourds ne perçoivent pas les sons trop aigus comme ceux du violon, mais les plus graves émettent des vibrations qu’ils perçoivent très bien.

Marie, une sœur fusionnelle

Marie est 7 ans plus jeune qu’Emmanuelle, elle est entendante. Pourtant, cela n’a pas empêché de nouer entre elles une relation très forte. Emmanuelle lui apprit très vite la langue des signes, et Marie devint sa traductrice à la maison. Chargée de téléphoner jusqu’à l’arrivée du Minitel, cela n’a pas toujours été facile. Néanmoins, elles se comprennent parfaitement. Quand leur maman a évoqué l’implant cochléaire, Marie a su répondre à la place d’Emmanuelle. La relation mère-fille étant autrefois « ombilicale », on comprend bien que Marie et Emmanuelle sont alors des sœurs presque siamoises.

«  SIDA SOLEIL, c’est bien trop beau pour un vampire assassin de la nuit. »

Ce chapitre 20 dédié aux ravages du sida dans la communauté sourde est particulièrement touchant. La prévention contre le sida est alors trop oraliste, et les sourds en meurent. Le symbole du sida, ce virus entouré de picots, représentait alors pour les sourds un soleil. Certains pensaient donc que le sida était causé par le soleil. Quant aux séropositifs diagnostiqués, le mur de la langue avec le médecin créa des malentendus mortels.

L’interdiction de signer

Emmanuelle le rappelle, au XIXème siècle la langue des signes est devenue une langue interdite car elle est supposée inférieure. Ce n’est qu’en 1991 que la langue des signe est autorisée à nouveau dans les écoles. Ces écoles, même spécialisées pour les sourds, étaient alors entièrement oralistes. Elle appelle cette période « un terrorisme culturel », car les sourds ne pouvaient alors pas se développer correctement. Les parents, eux-aussi, interdisaient la langue des signes en leur cachant la vérité, ou en obligeant l’enfant à oraliser coûte que coûte.

Le théâtre

« Passe ton bac d’abord. » ne cesse de répéter à elle-même Emmanuelle. Mais dès qu’elle l’eût, Emmanuelle s’entraîna pour son premier rôle principal de Sarah dans Les Enfants du silence. Ce rôle avait déjà été interprété par deux comédiennes sourdes, mais elle en fit quelque chose d’exceptionnel. Elle fût alors la première sourde récompensée par le Molière de la révélation de l’année. Dans son discours, elle prône alors l’alliance entre les entendants et les sourds avec le signe « mains en papillon, doigts signant l’union. »

L’implant cochléaire

Emmanuelle nous donne quelques chiffres, pour montrer l’importance des échecs, qui font «des dégâts irréversibles. » :

  • 50 % de réussite
  • 25 % de résultats moyens qui nécessitent encore la lecture labiale
  • 25 % d’échec

Elle décrit alors l’implantation comme un « viol » quand on l’impose aux jeunes enfants, alors que c’est leur nerf auditif qui est en jeu et qui peut être perdu à jamais. Elle veut alors qu’on laisse le choix aux sourds et qu’on arrête de leur dire que ça les guérira. Elle évoque aussi « le seuil de tolérance individuel à la réception de ces sons codés » qui n’a pas été assez pris en compte et a causé le suicide de certains.

Source: Le Cri de la mouette, Emmanuelle Laborit, 1994, ed. LAFFONT